Lassée mais noyée de toutes ces images qui tournent tournent tournent, me font tourner l'esprit et le corps au point me déclencher ma nausée. Mon propre dégoût face à ce putain de temps qui n'existe plus. Je m'enlise avec complaisance dans ce jadis sans fin. Je me souille, je me viole, je défends des valeurs auxquelles je ne crois même pas. Tout ça pour passer à autre chose, des corps dénudés, des soirées de débauche, je gis nue sur le sol une bouteille de vin à la main, et ça sent le tabac froid de toutes parts. J'ai des hématomes, je saigne, des cernes pour seul maquillage, mes cheveux sont emmélés, et je pleure, je me méprise. Je méprise ce que je suis devenue, je méprise ce que j'ai pu pensé à haute voix pendant la nuit. Je ne peux regarder le soleil, je me cache, je fuis de travers, danse et décadence des gens qui se sont trompés de chemin. Je hais les gens que je croise, je hais lire sur le visage ce bonheur factice, composé pour faire bonne figure sur leur faces immondes. Et je me hais encore plus de ne pas être capable de faire la même chose. Des heures de beuveries, des heures de baise, des heures de crises, qui ne mènent nulle part. Je n'ai pas avancé d'un demi pas, je suis toujours aussi paumée, et j'ai toujours envie de vomir mon dégoût. Foutu temps perdu. Foutu temps révolu, foutues images. Foutue addiction masochiste. C'est incontrolable, ça me prend toute entière, une véritable grippe cérébrale. Je remue les instants putrides de cette vie parfaite qui maintenant me tue. C'est digne d'une balançoire malsaine et enfantine. Je suis montée très haut, j'ai tellement voulu touché le ciel, à en oublier le sol, tout le reste insignifiant, ça m'a donné le vertige, la nausée, définitivement. Et maintenant j'ai la face en parallèle du sol, je dégueule de la merde sous le soleil, les enfants crient, tout est normal. Chaque rire que porte le vent me déchirant un peu plus l'échine. Toute mon existence est profondémment perturbée et instable. Je la méprise peut être plus que moi encore. C'est comme si j'avais décidé de tout foutre en l'air avant même de comprendre qui j'étais. Laissant mes espoirs dans une marre de sang profonde de quelques mètres, là où ils sont en sécurité, loin de moi, de mes malédictions avec lesquelles je danse. La folie dans laquelle je me plais à m'évanouir me terrorise. Je me fuirai si je me voyais réellement. Aveuglée depuis trop longtemps par l'illusion d'un amour fou envers moi même, je m'imagine seulement, ma conscience prenant bien soin de m'ériger à l'image de ce que je rêverai d'être. Je m'écoeure.
Les cloches sonnent l'heure de ma folie, de ma première mort, l'heure où je décide de disparaitre en moi même. Pour le retrouver, ma première mort. Je m'enfouis encore pendant des heures dans ces bas fonds iconographiques qui me répugnent. Il faut brûler la balançoire et les chevaux en bois, et lui piquer les yeux avec le sable dans lequel je m'enfonce. Ma vie, tu me fais horreur. Je suis la risée de mon propre destin, je suis moi même l'allégorie de l'ironie. Je ne signifie rien, nous ne signifierons jamais rien. La pression est immense, et lorsque la déflagration aura lieu je ne serai plus là. Je serai déjà loin et je contemplerai ce qu'il reste de vous. De nous.
Lorsqu'on se retrouvera, brisée, cassée, brulée, souillée, démolie, et meurtrie comme je serai, il n'y aura plus rien à se dire. J'aurai déjà fait le chemin. Je serai déjà morte de l'intérieur et tout ce qu'il me restera de nous, c'est l'idée que je m'en serai faite pendant mille siècles. Transie par ces siècles de mise à l'épreuve psychologique, je serai incapable de ressentir le moindre sentiment à ton égard. Je serai une épave, le regard vide, agard, je n'attendrai plus rien, puisque j'aurai enfin compris. Tu te detesteras, tu réaliseras enfin l'ampleur de ce que tu as fait. Seulement la catastrophe aura déjà eu lieu, et tu auras dans tes bras les restes survivants au désastre innommable que tu auras engendré. Je ne pleurerai pas. Je me délecterai simplement de la haine que tu éprouveras envers toi même, je te verrai mourir avec mes rêves. Tu n'auras pas même été capable d'accomplir la seule mission qui t'importait, la seule qui te retenait. Tu ne m'auras jamais protégé, ni de moi, ni des autres, je serai morte avant que tu ai su comment t'y prendre. Ton amour propre aura englouti tes sentiments, et nous seront tous les deux plus bas que terre, faute d'avoir gouté au ciel trop tôt.
Je succomberai à nous.
Mon Amour, notre poison pénètre en moi, viens t'envoler avec moi.
Titre / Antistar - Massive Attack
Photo / tentative de représentation du "regard vide"
Ps : Moi aussi j'aimais bien MJ.