Je ne juge pas. Je ne juge que moi même. Ma capacité à prendre conscience de mes propres problèmes est immense, mais elle ne sert pas, je ne résouds rien. Je suis consciente, et c'est tout. Je suis méprisante, et prétentieuse, introvertie, fourbe, mille fois égoiste et capricieuse. Torturée, attirée par des mondes glauques et malsains qui ne profitent à personne, je n'ai jamais su pourquoi. Je me sers de mon entourage, je ne ressens absolument rien, je suis une marionettiste apathique. Je vois mon avenir comme un vide lattant, suspendu quelque part, attendant que je prenne une quelconque décision. Je ne pense à rien de concret, jamais. Je vis à l'intérieur. Je me complais dans mon imagination, aux crépuscules de ma mémoire, je me fonds dans mon univers fictif. Je me cache, tapie dans l'iréel. Je patiente sagement, je guette la venue d'une nouvelle vague émotionelle qui me fera réagir, celle qui n'arrive jamais avant que je la provoque.
Je suis en colère contre rien. Contre tout, contre moi. Ca me rend désagréablement taciturne, et passive. La colère s'est abritée quelque part où je ne peux la trouver, elle refuse de sortir, au fait du désastre qu'elle engendrerait. Mon cerveau a fait en sorte de me protéger. Cet abri m'étouffe. Je survis dans ma prison mentale.
"Une conscience sans scandale est une conscience aliénée."
Titre/ Dexter
Extrait/ Garbage - Crush
Cit/ G. Bataille




