Je disparais. Encore.
"Je ne veux pas dormir. Mais je ne veux rien faire.
Il y a des nuits comme celle là, j'ai juste besoin de rester là, étendue comme morte, sur le dos, si tu savais comme j'aimerais voir le ciel de mes yeux.
M'y confondre. L'assimiler. Devenir le ciel lui même.
J'ai ouvert la fenêtre, froid presque doux, juste assez tranchant pour être agréable, un étranglement passionnel. L'inlassable bruit, étrangement rassurant de la pluie qui tombe. Je suis le ciel et je déverse mes échecs et mes remords, je les laisse s'écraser lamentablement sur un sol imperturbable. Métaphore de rien. Rien.
C'est tout ce que je ressens maintenant : un sentiment extatique, une jouissance de bonheur, qui ne me mène nulle part. Rien ne se prête à mon ataraxie soudaine. Elle est suspendue dans le vide.
Je perds mon bonheur, il coule, et se dissout. Je voudrais qu'il soit pepertuel et infini. Si je ne le partage pas, il meurt. Il disparaît. Chacun de mes souffles le désintègre, et je tue un peu de moi à chaque fois que je respire. Chaque instant de conscience est un instant perdu où je ne l'ai pas divisé, le diviser pour mieux le multiplier. Je n'avais jamais pensé à diviser la joie avant, pour mieux la faire fusionner ensuite.
Je reste seule. Avec ma joie, mon bonheur, et mes envies. Je vais les disséquer lentement, en profiter, jusqu'à qu'éclipsés par un instant trop long de lucidité, ils se putréfient."
Sursis de 7 jours.
Photo / The carnival is over par Empatia Musique/